Les Rendez-vous du Réseau : genre et espace public
Le 10 mars, le réseau des Pépinières urbaines s’est réuni pour un échange consacré à une question centrale pour les projets urbains : comment rendre concrète l’inclusion du genre dans l’espace public ?
L’atelier a réuni les équipes et partenaires des différentes Pépinières : Antananarivo, Kigali, Nairobi, Monrovia et celle de toute la nouvelle Pépinière urbaine de Douala – ainsi que les membres du groupement d’animation. L’objectif était de passer de la réflexion théorique à des exemples concrets d’actions menées sur le terrain, afin d’identifier des approches réplicables dans d’autres contextes.
Sécurité et inclusivité : des préoccupations universelles
Pour ouvrir les échanges, un exercice participatif a invité les participant·es à partager leurs perceptions des enjeux liés au genre dans l’espace urbain. Quatre notions sont ressorties : inclusivité, sécurité, inégalités et harcèlement.
Ces résultats témoignent d’une préoccupation largement partagée : garantir un accès équitable à la ville pour toutes et tous. Ils rappellent également que le sentiment de sécurité demeure un enjeu majeur pour les femmes et les filles dans de nombreux contextes urbains à travers le monde. Plus largement, ils soulignent la nécessité de concevoir des espaces publics capables de répondre à la diversité des besoins, des usages et des expériences vécues.
L'exemple de la PU d'Antananarivo : transformer un espace sportif
À Antananarivo, la Pépinière urbaine a entrepris de repenser un terrain de sport dont les usages étaient largement dominés par les hommes. L'objectif : faire de cet espace un lieu plus accessible, accueillant et inclusif pour l'ensemble des habitant·es.
La démarche a débuté par un diagnostic sensible au genre afin de mieux comprendre les pratiques, les besoins et les obstacles rencontrés par les différents groupes d'usager·es.
Pour recueillir une diversité de points de vue, plusieurs méthodes ont été combinées : observations de terrain, groupes de discussion dédiés aux femmes et aux enfants, entretiens individuels et actions de porte-à-porte. Cette approche a permis de faire émerger des besoins et des attentes souvent absents des processus de consultation traditionnels.
Les enseignements tirés de ce diagnostic ont ensuite guidé les aménagements réalisés sur le site. Des espaces de repos ombragés ont été créés, des bancs installés et les abords du terrain sécurisés afin de favoriser une meilleure cohabitation des usages. Une organisation plus lisible des espaces a également contribué à rendre le lieu plus accueillant pour une diversité de publics.
Au-delà des transformations du site, le projet a accordé une place centrale à l'animation du site et à l'implication des habitantes. Des associations locales de femmes ont mené des actions de sensibilisation et organisé des activités favorisant la mixité et l'appropriation collective de l'espace.
Enfin, des formations au leadership ont été proposées à des habitantes et à de jeunes leaders locaux afin de renforcer leur capacité à participer aux instances de gestion et aux processus de décision.